#ChallengeAZ │ A… Ascension sans retenue pour l’inspecteur Lacolle

René LACOLLE naît le 16/01/1792 et est baptisé le lendemain à Oiron (79). Il est le fils d’autre René LACOLLE, propriétaire tailleur d’habits, et de Marie Radegonde MARTIN. Il grandit dans sa famille avec son frère Vincent (1802-1871) qui finira sa vie curé à Saint-Laurent-de-Jourdes (86) et sa sœur Rosalie Blanche (1803-1879) sage-femme à Poitiers (86).

 Après son service sous les drapeaux, il choisit, comme l’avait fait auparavant son oncle Jean Louis MARTIN ancien brigadier à Ayron (86), un engagement dans la gendarmerie. Il est gendarme à cheval à Poitiers (1817-1822). Le 26/08/1817, il épouse à Poitiers, Victoire Charlotte FOUCQUETEAU (1789+?), elle-même fille du maréchal des logis de gendarmerie des lieux. Ils ont trois enfants : Louis René Émile (1819-1884) employé de l’octroi tout comme son oncle Louis CHEVALIER ; Rose Ernestine (1822-1889) religieuse en la communauté des dames de l’Union Chrétienne ; et Louis Ernest (1827-1828), ayant tous vécu à Poitiers.

Démissionnaire de la gendarmerie, René LACOLLE devient instituteur dans cette même commune (1827-1829), puis professeur d’écriture (1836). Le 05/11/1850, ancien inspecteur de 3e classe dans le département de la Vienne, il est promu inspecteur de 3e classe pour l’arrondissement de Poitiers (Bulletin administratif (Paris) 1850-1932, p. 388, Gallica).

J’ai procédé à la recherche de l’intéressé dans les fonds de l’inspection académique de la Vienne aux archives départementales, dans la série « 1 T », puis dans les dossiers des personnels de l’enseignement primaire de 1842 à 1940, pour les instituteurs (AD86 – 1 T 2/62-94) et plus précisément la côte 1 T 2/77 correspondant au patronymes compris entre Hen et Lam.

inspection académique, René Lacolle, challengeAZ, Oiron, Poitiers

Dossier de l’inspection academique- cote 1T2-77 © AD86 ▲ clic sur l’image pour l’agrandir

Le dossier de l’intéressé est particulièrement mince avec ses quatre feuillets. Il permet d’y retrouver ses dernières années d’exercice d’inspecteur.

Dans un état du 07/12/1853, il y est indiqué inspecteur de 3e classe pour l’arrondissement de Poitiers et y demeurant. Il est mentionné marié avec deux enfants à charge. Il est officier d’académie (1er grade dans l’Ordre des Palmes académiques, titre honorifique créé en 1808) avec 13 ans et 7 mois de service et perçoit 1600 francs de traitement et avantages accessoires. Ses qualités sont des plus remarquables : sa conduite très bonne, son zèle actif et intelligent, son instruction suffisante, sa tenue et ses manières convenables, son travail du cabinet suffisant, son aptitude aux fonctions de l’Inspection très satisfaisante. Le recteur d’académie note que « Mr Lacolle a fait une partie de ses classes, et il doit à cette éducation et à ses moyens naturels une assez grande facilité d’intelligence et d’élocution qui le sert heureusement ; il connaît le pays ; il a encore en lui toute l’activité désirable ; et il continue de bien remplir ses fonctions. Je renouvelle la demande que j’ai déjà faite pour lui d’un titre de 2e classe. » Dans le paragraphe des époques des nominations, il est écrit « M. Lacolle chargé provisoirement des fonctions de l’Inspecteur de la Vienne le 13/04/1840, chargé des fonctions d’Inspecteur des écoles de la Vienne le 06/01/1843, Inspecteur de l’Instruction primaire de la Vienne le 23/01/1846 ». Concernant la considération dont jouit ce fonctionnaire, il est précisé qu’il « a dans le clergé et dans la société de bonnes relations qui témoignent de la considération dont il jouit ».

Cabriolet

Sa notation du 28/09/1854, reste semblable et le recteur précise « qu’il a tous le degré de discernement désirable, il a encore en lui tous les éléments de l’activité ; mais manquerait volontiers de précision et de rigueur dans la manière dont il entend et accomplit ses fonctions, s’il n’était dirigé et maintenu : il obéit du juste aisément à cette direction. Tout bien examiné, son âge et ses services lui donnent droit à un avancement de classe que je sollicite pour lui. Il est dit aussi qu’il remplit des fonctions avec intelligence, mais ne peut faire de course à pied, et les fait toujours en cabriolet. Habitant Poitiers depuis 40 ans et Inspecteur en fonction depuis 12 ans, il a eu le temps d’exciter des mécontentement et des inimitiés ; mais en somme, on peut dire qu’il est considéré, et, suivant moi, il mérite de l’être. Il a dans le clergé et dans la société de bonnes relations qui déposent en sa faveur. »

En 1858,  il est indiqué inspecteur de 2e classe à Poitiers et officier d’académie, avec 18 ans de service. La note du  recteur semblable aux précédentes n’est pas finie d’être rédigée.

En 1861, il est indiqué inspecteur de 2e classe à Poitiers, officier de l’instruction publique (2e grade dans l’Ordre des Palmes académiques), 21 ans de service et 2000 francs de traitement et avantages accessoires. Les renseignements sur lui indiquent : sa conduite très bonne, son zèle actif et intelligent, son instruction suffisante, sa tenue et ses manières très bonnes, son aptitude au travail du cabinet et aux fonctions de l’inspection très satisfaisante. Le recteur écrit : « Ce fonctionnaire se recommande toujours par une application constante à remplir tous les devoirs et par le plus vif désir de bien faire. Une indisposition l’a retenu longtemps chez lui, dans le cours de cette année ; mais, pendant ce temps même, il s’est livré aux travaux de cabinet avec un véritable courage, malgré les douleurs qu’il éprouvait. La connaissance qu’il a des personnes et des choses de ce département qu’il inspecte, depuis plus de 20 ans, fait de lui un fonctionnaire précieux. Il y aurait justice à récompenser ses bons et longs services par une promotion à la première classe, depuis longtemps sollicitée pour lui. »

Lors de son décès le 16/08/1865 à Poitiers, il est toujours indiqué inspecteur des écoles primaires du département de la Vienne. Il aura pu porter ses palmes tissées sur un vêtement, mais jamais la décoration métallique créée en 1866.

Palmes académiques

2 réflexions au sujet de « #ChallengeAZ │ A… Ascension sans retenue pour l’inspecteur Lacolle »

  1. Très intéressant article sur la carrière d’un enseignant au XIXème siècle.
    Le beau-frère d’un des mes ancêtres était Louis Hyppolite CHEVALIER, employé d’octroi, né à Niort en 1830. Y-a-t-il un rapport avec le Louis CHEVALIER, employé d’octroi, que vous citez ?

  2. Bonsoir Marie-Isabelle, effectivement je relève que ce hasard est troublant. Néanmoins, après avoir pris connaissance de la naissance de Louis Hyppolite en 1830 à Niort, celui-ci est fils d’Hugues cullotier né vers 1797, qui ne présente aucun lien avec Louis CHEVALIER cité, fils d’autre Louis menuisier originaire de Châtellerault et de COITSALION Scolastique. Louis fils est receveur de l’octroi, puis contrôleur de l’octroi à Poitiers sur la période de 1829 à 1871 au moins.

Les commentaires sont fermés.