Le Challenge AZ du CGP sur de bons rails…

Rappelez vous, le 02 février dernier le CGP s’inscrivait officiellement au Challenge AZ !

Depuis cette date, la vingtaine de participants à l’atelier d’écriture a cogité, trié, fouiné, interrogé, décrypté et s’est trituré les méninges pour proposer un sujet en fonction de la lettre à traiter.

Les premières propositions de textes sont apparues timides mais pleines de promesses. Des réunions régulières ont permis d’affiner les recherches, d’en consolider d’autres. Tous ont joué le jeu pour nous offrir des textes d’une grande variété de styles et d’une palette très riche de sujets abordés. 

Après tous ces efforts et avant l’été qui s’approche nous avons prolongé la dernière réunion par un repas frugal et convivial ! Rendez-vous en septembre pour les derniers ajustements…

Si, vous aussi, vous avez envie de mettre en lumière vos anecdotes de généalogiste, venez rejoindre cette joyeuse équipe ! Pour tout savoir sur l’atelier écriture et sur le ChallengeAZ, c’est ici.

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Saint-Pierre-de-Maillé, un inconnu retrouve son identité

 

Saint Pierre de Maillé, moulin

Le pont et le moulin – Saint Pierre de Maillé © collection-jmf.fr

Nous sommes à Saint-Pierre-de-Maillé le premier jour de l’année 1903. Le premier acte inscrit au registre de l’état civil est celui de « la découverte du cadavre d’un inconnu ».

Ce 01 janvier 1903, Clément LANÇON, chiffonnier, et Philippe MONET, garde champêtre, sont venus déclarer le décès d’un individu visiblement noyé dans la Gartempe. Le maire de la commune va prendre la peine de décrire très précisément l’inconnu : il paraissait être « âgé d’environ soixante ans, de taille moyenne, ayant la barbe grise et longue d’environ dix centimètres, chauve, vêtu d’un pantalon d’étoffe brune, d’un gilet de même couleur recouvrant un gilet marin rayé de blanc et de bleu et chaussé de brodequins en bon état ».

AD86, Saint Pierre de Maillé, registre des décès, 1903, découverte d'un inconnu

Découverte du cadavre d’un inconnu – registres AD86 D 1903-1906 vue 1

Le 02 janvier 1903, le malheureux sera inhumé probablement dans la fosse commune du cimetière de la paroisse.

Qui est donc cet homme qui est venu s’échouer au bord de la Gartempe ? Est-ce un voyageur ou un mendiant ? S’est-il noyé accidentellement ? S’est-il suicidé ?

Les périodiques de l’époque nous en disent plus sur les circonstances de la découverte du corps. Ainsi, La Semaine du 11 janvier nous apprend que dans la matinée du 01 janvier Clément LANÇON naviguait sur la Gartempe et alors qu’il atteignait l’écluse près du vieux moulin des Cottets aux environs du lieu dit Jutreau, son regard se porta sur une forme qui était accrochée aux branches. En s’approchant, il découvrait le corps d’un individu qui semblait avoir séjourné depuis plusieurs jours dans l’eau. Ne pouvant déplacer le corps tout seul, le chiffonnier demanda l’aide du garde champêtre et de l’adjoint au maire. Ils déposèrent le corps sur la rive. Personne ne reconnut l’individu et apparemment il ne portait aucun document sur lui qui aurait pu l’identifier ou en tout cas donner une indication sur son lieu d’origine. D’après le Journal de la Vienne du 06 et 07 janvier, on ne trouvera « dans ses poches qu’une clef, deux mouchoirs et un porte-monnaie renfermant une somme de 12 fr. 80 ».

Plan situation Saint-Pierre-de-Maillé, Jutreau

Situation du lieu de découverte du cadavre

La Semaine du 11 janvier précise que le corps avait « été examiné par M. le docteur HAUPERT qui a constaté deux coupures à la tête, l’une au-dessus de l’oreille droite, l’autre au front, mais a déclaré qu’il y avait tout lieu de supposer que ces blessures avaient été faites par la traversées des écluses ».

Cette histoire aurait donc pu rester un simple fait divers avec quelques entre filets dans les journaux et nous n’aurions jamais connu l’identité du décédé.

Pourtant dès le 03 janvier 1903, quatre personnes se sont présentées pour une déclaration de reconnaissance que l’on peut également consulter sur les registres. Il y avait Pascal DEFORGES, Jean GUILLEMOT, Marie DEFORGES et Théodore GALLET qui disent avoir un lien de parenté avec l’inconnu et demandent l’exhumation du cadavre. Ils ont du être assez convaincants car le maire va ordonner l’exhumation accompagné par le garde champêtre et le maçon, Antoine MERIGARD. Après l’ouverture de la bière, ces quatre personnes reconnaissent officiellement Vincent DEFORGES qui avait disparu depuis la nuit du 26 au 27 novembre 1902 et qui n’était autre que leur frère et oncle.

Vincent DEFORGES était originaire de Montmorillon. Sa famille qui était venue le reconnaître arrivait de Jouhet et Haims. Ils ont tous fait un sacré bout de chemin pour arriver à Saint-Pierre-de-Maillé. On peut donc se demander comment la famille avait appris le tragique destin de Vincent DEFORGES ? Là encore la presse va nous donner quelques pistes puisque La Semaine du 11 janvier mentionne qu’une photographie avait été prise avant l’inhumation et qu’une enquêté avait été diligentée pour établir l’identité du noyé. On peut supposer que le maire avait communiqué le signalement à la gendarmerie qui avait peut être fait le lien avec une déclaration de disparition et cela permit à la famille de se présenter rapidement pour l’identification.

Le 18 janvier 1903, le décès de Vincent DEFORGES sera transcrit sur le registre de l’état civil de Montmorillon sur présentation d’un procès verbal du procureur de la République de Montmorillon.

Nous ne saurons rien sur les circonstances exactes du décès. Pour finir cette anecdote : heureusement que des personnes ont pu identifier notre inconnu, car dans la presse locale de l’époque il avait été nommé « Vincent TAUPIER »… sans doute un amalgame avec sa profession de ratier. Malgré cette approximation, la consultation de la presse ancienne en ligne aux Archives départementales de la Vienne, nous donne la possibilité de retracer le parcours de vie, si triste et si minime soit il.

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Extrait du Journal de la Vienne du 04 janvier 1903

Les protagonistes :

Vincent DEFORGES, le défunt, est né le 23 février 1845 à Journet et est le fils de Joseph et d’Anne PENOT. Il épousera Jeanne THOMAS le 14 juin 1869 à Sillars. Jeanne décédera le 14 septembre 1871 à Sillars. Elle avait donné naissance à leur fils unique Jean le 21 décembre 1870 qui disparaîtra à son tour le 28 avril 1887 à l’âge de 16 ans. 

Marie DEFORGES, domiciliée à Jouhet, est née le 11 avril 1841 à Jouhet et est la sœur consanguine du défunt. Elle est issue du premier mariage de Joseph DEFORGES avec Marie TABUTEAU. Elle épousera Pierre GALLET le 15 avril 1872 à Saint-Léomer. Elle aura 4 enfants dont Théodore GALLET, présent à la reconnaissance du défunt, et est veuve depuis 1891.

Pascal DEFORGES, cultivateur domicilié au Bois Clairet à Journet, est né le 18 mai 1853 à Journet et est le frère germain du défunt. Il est le dernier des enfants de Joseph DEFORGES et Anne PENOT.

Jean GUILLEMOT, cantonnier à Haims, est né le 04 avril 1841 à Journet et est le frère utérin du défunt. Il est issu du premier mariage d’Anne PENOT avec Germain GUILLEMOT. Il épousera Marie Lucette PORCHERON le 13 juin 1871 à Journet avec laquelle il aura deux enfants.

Théodore GALLET, cordonnier à Jouhet, est né le 01 juillet 1877 à Saint-Léomer. Il est le neveu du défunt et fils de Pierre et Marie DEFORGES (citée précédemment).

généalogie Vincent DEFORGES noyé à Saint-Pierre-de-Maillé 1903, originaire de Montmorillon, recherches Cercle Généalogique Poitevin

Famille étendue de Vincent DEFORGES, clic pour agrandir l’image

Le CGP relance les séances d’initiation à la généalogie

Formation initiation à la généalogie, cercle généalogique poitevin, 16 juin 2018, Poitiers

Vous êtes adhérents du cercle, vous démarrez vos recherches généalogiques et vous ne savez pas comment vous organiser. Vous vous posez beaucoup de questions. Par où commencer ? Que dois-je chercher ? J’ai accumulé des documents, à quoi vont-ils me servir ? Comment les exploiter ? Quelles sont les sources à explorer? Que vais-je y trouver ?

Au cours d’une séance d’initiation à la généalogie le samedi 16 juin prochain, nous allons répondre à toutes ces questions et vous guider dans vos premiers pas.

Réservez votre participation : formation.initiation@herage.org

 

 

Généathème : une encyclopédie dans notre bibliothèque

Bibliothèque du CGP Cercle Généalogique Poitevin

La bibliothèque du CGP

Sophie BOUDAREL a lancé un nouveau généathème pour le mois d’avril et nous propose entre autres de partager nos coups de cœur de lecture et de participer ainsi à la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur qui a lieu tous les ans le 23 avril

Pour les généalogistes amateurs que nous sommes, au-delà des registres que nous consultons régulièrement, les livres font partie des sources qui nous aident à comprendre le passé de nos ancêtres, nous expliquent leurs métiers ou nous guident dans nos recherches.

C’est une occasion de vous parler de notre bibliothèque qui a subi dernièrement une transformation pour une meilleure visibilité. Nous avons à disposition plus d’un millier d’ouvrages de tous types : annuaires, inventaires, biographies, dictionnaires, mais aussi de la documentation sur l’histoire locale ou des guides pratiques. (voir liste)

De nombreux livres sont dignes d’intérêt dans cette bibliothèque et nous vous invitons à venir aux permanences pour découvrir la richesse des documents proposés. Il y a toutefois une œuvre que nous pouvons mettre en avant et qui est reconnue comme une référence dans son domaine.

L’encyclopédie des protestants

Vous avez trouvé des protestants dans votre généalogie dans la Vienne ou dans l’Est des Deux-Sèvres avant la révocation de l’Edit de Nantes ? Instantanément nombreux d’entre nous vous proposerons de consulter les livres de Marie-Reine SIRE sur « les familles protestantes au travers des actes XVIe et XVIIe siècles ».

Généalogie des familles protestantes dans la Vienne et les Deux-Sèvres par Marie-Reine SIRE

« Familles protestantes au travers des actes XVIe-XVIIe siècle » par Marie-Reine SIRE, éditions APC

Le travail remarquable de recherche est regroupé en 4 volumes et un index alphabétique et édité par l’Association des publications chauvinoises :

Tome 1 – patronymes A – B (664 pages) paru en avril 2008
Tome 2 – patronymes C – G (896 pages)paru en janvier 2010
Tome 3 – patronymes H – P (956 pages)paru en avril 2011
Tome 4 – patronymes Q – Y + addenda des autres lettres paru en mars 2013
Index alphabétique des épouses (278 pages) paru en mars 2014

Un répertoire de fiches familiales

Classées par ordre alphabétique du nom du père, chaque fiche reprend un parcours de vie aux travers des actes notariés. Nous avons ainsi le détail des contrats de mariage, partages, testaments ou contrats d’apprentissage. Tous ces éléments sont précieux pour compléter vos recherches et vont vous donner une idée du quotidien de ces familles. Voici quelques exemples de ce que vous trouverez dans cet ouvrage :

Nous vous invitons à consulter également le site « Protestants en Poitou » dans lequel Marie-Reine SIRE explique la genèse de ce projet et donne des informations générales sur la vie de ces familles. Vous y trouverez surtout la mise à jour de son travail qu’elle partage généreusement.

Bon pied, bon oeil à 100 ans !

Paysan, gravure de Jacques Adrien Lavieille,

« Paysan » par Jacques Adrien LAVIEILLE (1818-1862), illustration pour la « Comédie humaine » d’Honoré de BALZAC

En 1900, l’Insee estimait qu’il n’y avait qu’une centaine de personnes ayant atteint plus de 100 ans. En 2016 on en dénombrait près de 21 000. L’évolution de la médecine et des conditions de vie a permis d’améliorer considérablement l’espérance de vie. Mais en 1700 nos ancêtres pouvaient ils espérer atteindre un si grand âge et surtout « jouir de la meilleure santé et de tout son bon sens » ? C’est ainsi qu’est décrit un centenaire de La Chapelle-Montreuil le 24 mars 1774 dans les Affiches du Poitou (cf 24 mars 1774 pages 27/29, reproduit en respectant l’orthographe d’origine) :

« Il existe actuèlement dans la paroisse de la Chapelle-Montreuil-Bonnin, à 3 lieues & demie de Poitiers, un vieillard nommé Simon Millet, qui a eu 100 ans révolus le 16 Octobre dernier. Ce vieillard n’est point courbé, il a toujours été extrêmement vigilant& laborieux ; il est d’un tempérament sec, jouit de la meilleure santé & de tout son bon sens, & n’a d’autre infirmité que d’être très sourd ; il tient encore le timon de la communauté qui subsiste entre lui, ses enfans & petits enfans, au nombre de douze ; il vaque journèlement au labourage, & au soin des bestiaux, qu’il ne croiroit pas bien traités s’il n’y mettoit la main ; il a fait cette année, comme les précédentes, une grande partie de ses emblaisons ; il fait volontiers trois & quatre lieues à pied, & monte seul à cheval ; il a la vue excellente, & la main si sûre qu’il se rase lui même ; il est dans l’usage, & il le fit encore l’année derniere, malgré les représentations de ses enfans, de coucher sous une cabanne, depuis environ la St Jean, jusqu’à la fin de Septembre, dans l’aire où on réunit les objets de la récolte, à la conservation desquels il veut veiller lui-même, ayant son chien auprès de lui. Il fit encore l’année derniere un acte de force que n’avoit pu faire un homme de 20 ans ; il chargea seul sur ses épaules un sac de blé pesant 120 liv, & le monta dans un grenier, où on se peut aborder que par une échelle ; il est né dans la métairie qu’il exploite, & y a toujours demeuré. »

Nous avons retrouvé la trace de ce Simon MILLET dans les registres. Il est décédé le 28 janvier 1779 à La Chapelle-Montreuil à l’âge de 108 ans. Lors de son inhumation étaient présents ses enfants Jean et François MILLET et son petit-fils Louis SAPIN.

Si l’on tient compte de ces deux sources, Simon MILLET serait peut être né un 16 octobre entre 1671 et 1674. S’il est effectivement né à La Chapelle-Montreuil, nous ne pourrons pas confirmer sa date de naissance puisque les archives en ligne de cette commune ne démarrent qu’en 1732 !

Et vous, avez-vous rencontré des centenaires parmi vos ancêtres dans la Vienne ?