Les journées d’échanges du CGP à Rouillé

Comme tous les ans, au tout début du 3e trimestre, le Cercle Généalogique Poitevin donne rendez-vous à ses adhérents pour deux journées d’échanges et de partage. Cette année, le cercle invite tous les passionnés de généalogie les 29 et 30 septembre 2019 dans la salle des fêtes de Rouillé.

Rouillé est une commune rurale en plein pays mélusin située entre le Futuroscope et le marais poitevin. Nous sommes à la lisière des Deux-Sèvres sur un territoire fortement marqué par le protestantisme.

En venant à Rouillé, vous pourrez échanger avec nos adhérents qui exposeront leurs travaux de recherches et probablement vous découvrir de nouveaux cousins. Vous pourrez également participer à des ateliers d’initiation ou assister à des conférences autour de la généalogie protestante. Des découvertes de curiosités spécifiques à cette culture seront organisées. 

Dans un précédent article, nous vous avions raconté comment une petite équipe de bénévoles avait participé au sauvetage d’un cimetière protestant dans un des bourgs de Rouillé. En nous posant à Rouillé, nous avons souhaité poursuivre ce travail et vous faire connaître cette spécificité du paysage de cette commune où les cimetières familiaux restent les témoins d’une époque qui a profondément marqué cette terre.

Ces deux journées s’adressent à tous, adhérents ou non de l’association, qui ont démarré ou non leur généalogie ou qui éprouvent une curiosité pour ce loisir qui passionne de plus en plus de Français. 

Toute l’équipe du CGP sera sur le pont pour vous aider à démarrer ou compléter votre généalogie et pour vous guider dans vos recherches en vous présentant les outils que nous mettons à votre disposition.

L’inscription aux ateliers, conférences et autre visite se fera sur place. Exposant ou visiteur, vous pourrez vous restaurer sur place en réservant votre repas.

Venez nombreux à notre rencontre !

AG de l’Association à Loudun le 23 mars 2019

L’Assemblée Générale 2019 du Cercle Généalogique Poitevin se déroulera le 23 mars 2019,

Salle des Fêtes de VENIERS
8 rue Valentin Guilbault
86200 LOUDUN.

GPS:47°N 2′ 4.79″ & 0°E 4′ 48.307″ ou (47.034664, 0.0800855)

DÉROULEMENT DE LA JOURNÉE

8 h 30 : accueil et émargement.

9 h 30 : assemblée générale, ordre du jour :

  • rapport moral du Président,
  • rapport financier du Trésorier,
  • approbation des rapports et des comptes,
  • élection du tiers sortant des membres du bureau,
  • questions diverses;

12 h 30 : déjeuner au restaurant de la Maison de Pays (pour ceux qui le souhaitent).

15 h 00 : visite de la ville.

17 h 30 : clôture.

Pour la bonne organisation de cette journée nous vous demandons de bien vouloir remplir le document d’inscription et de le retourner avant le 15 mars 2019 au plus tard, par voie électronique ou postale à :

CERCLE GÉNÉALOGIQUE POITEVIN
22 rue Arsène Orillard
86000 POITIERS

Tous les adhérents de l’association sont, bien sur, chaleureusement conviés.

#ChallengeAZ │ Z… AuZances, un petit Louvre à Poitiers

Sous l’ancien régime, les actes de baptêmes, mariages et décès sont inscrits sur papier avec timbre fiscal émanant de la Généralité de Poitiers, signé et paraphé du lieutenant général en la sénéchaussée du Poitou. Cette charge est tenue de 1717 à 1724 par Jean de RAZES[1] seigneur et comte d’Auzances qui demeure avec Marie-Geneviève-Renée de CHOUPPES son épouse en l’hôtel d’Auzances à Poitiers.

Cet édifice est situé paroisse Saint-Didier, à deux pas du Siège Présidial. Il est constitué de deux corps de bâtiments, avec portes cochères, deux grandes cours, remises, écuries, orangerie. Ses jardins[2] s’étendent jusqu’à la rue des Basses-Treilles, de nos jours rue des Carmélites, sur une surface de neuf bosselées (environ 68,5 ares[3]). Vers les années 1780, le père Rocheix religieux cordelier, membre de la faculté de Théologie de Poitiers et physicien à ses heures, utilise cet espace pour construire une montgolfière qu’il fait partir avec succès.

Cette importante demeure est connue[4] successivement sous le nom d’Hôtel d’Ausseure ayant appartenu à Denis d’Ausseure seigneur de Vendeuvre, d’Hôtel de Sainte-Soline, car il fut celui des Doineau de Sainte-Soline, puis d’Hôtel Tudert et enfin Hôtel d’Auzances. C’est un si bel édifice qu’on le nomme le Louvre. Il est le logement de grands personnages qui traversent la ville de Poitiers : Charles VIII en 1488, Henri IV et la reine en Mai 1602, Louis XIII et sa sœur en 1615, Louis XIV en 1650, 1651 et 1654, Philippe V roi d’Espagne en 1700.

Jean de RAZES d’AUZANCES s’en alla de vie à trépas le 6 novembre 1735 dans la maladie à l’âge de 80 ans environ. Le lendemain, après les obsèques célébrées en l’église Saint-Didier, le corps est emmené dans celle des révérends pères cordeliers et inhumé dans le caveau familial en présence de la famille, de Mrs du Siège Présidial et des ordres mendiants, chacun sous sa Croix. Selon B. de LA LIBORDIÈRE[5], s‘élevait aussi dans cette église le tombeau en marbre noir de la famille de ROCHECHOUART-MORTHEMART. Athanaïs de ROCHECHOUART marquise de Montespan y est inhumée le 3 août 1707 à la lumière des torches.

L’héritage de Jean de RAZES concerne potentiellement Marie-Geneviève-Renée de CHOUPPES sa veuve, Charles François son fils, époux de Marie-Thérèse MOREL de CHABANNES, Jeanne-Antoinette de CÉRY sa fille, Marie-Geneviève-Radegonde de RAZES son autre fille, épouse de Pierre de FEYDEAU.

L’inventaire des biens meubles réalisé au mois de mars 1736 en présence d’Antoine de RAZES[6] exécuteur testamentaire, montre bien l’important train de vie, à cette époque, de la famille de RAZES. L’hôtel comprend plusieurs chambres richement et confortablement meublées, avec cheminées et garnitures, murs recouverts de tentures d’Aubusson, lits à impériale, lits à quenouille, salons, meubles de chêne et de noyer, qui ne sont toutefois pas de première fraîcheur, serres abritant environ une centaine d’orangers.

L’hôtel possède également une chapelle privée vraisemblablement desservie par Antoine de RAZES qui demeure dans l’édifice familial. Le mariage de Charles-Marie-Anne de RAZES et de François-Victor DESCLOS de la FONCHAIS originaire de Bretagne y est célébré le 7 mars 1781.

La famille de RAZES possède également d’importants moyens de déplacement, constitués d’une breline ou berline doublée de drap rouge bordée de soie et d’un carrosse coupé garni de velours cramoisy bordé d’une frange de soie grise ainsi que quatre chevaux de carrosse de poil noir d’âge inconnu..

Contrastant avec ces splendeurs, il est noté la présence d’un tas de fumier dans la cour[7], provenant de l’écurie et utilisé comme fumure du jardin d’agrément et du jardin potager.

Bien qu’inventoriés, Marie-Geneviève-Renée de CHOUPPES souhaite ne conserver que ses droits stipulés dans son contrat de mariage fait et passé au château de Verneuil le 12 novembre 1697 devant Me Royer notaire à Poitiers[8]:
…. chambre garnie, équipage, toilette, diamants, pierreries et linges servant à son usage et ornements de sa personne….

Charles-François de RAZES, héritier du titre de comte d’Auzances, est conseiller du Roi mais sans fonction bien définie. Charles-Marie-Alexis de RAZES son fils, embrasse une carrière militaire comme capitaine dans un régiment de dragons. Avec ce dernier, se termine la descendance agnatique de la famille de RAZES, puisqu’il n’a que deux filles survivantes, Marie-Madeleine-Alexandrine qui épouse Philippe de CUGNAC du Bas-Poitou et Charles-Marie-Anne qui épouse François-Victor de LA FONCHAIS de la province de Bretagne.

La maison d’Auzances semble perdre son lustre d’antan, car Charles-Alexis-Marie dernier seigneur et comte d’Auzances met en vente sa berline dans les Affiches du Poitou du 10 mai 1774,
« très bonne breline coupée, doublée de velours d’Utreck jaune peinte en verd avec des corbeilles de fleurs sur les paneaux, les corps dorés, les cuirs comme neufs, ainsi que le train et les roues, pour la somme de 1 200 livres »

 Il vend également plusieurs terres et seigneuries en Bas-Poitou ainsi que la baronnie de Chabannes en Limousin, héritée de Marie-Thérèse MOREL sa mère.

Marie-Madelaine-Anne de VILLEBOIS veuve de Charles-Marie-Alexis de RAZES traverse la période révolutionnaire[9], sans vraiment être inquiétée. Atteinte d’infirmité, elle fréquente les eaux de Barèges, et ce déplacement la rend suspecte aux yeux du comité révolutionnaire. Malade, elle est assignée à résidence en son hôtel jusqu’à la fin de la période révolutionnaire, sans pouvoir communiquer avec l’extérieur.

La vente aux enchères des meubles réalisée les 14, 15, 16 et 17 Brumaire de l’an 13 après le décès de Marie-Madeleine-Anne de VILLEBOIS le confirme. L’orangerie a disparu, il n’y a plus de berline ni de carrosse, mais une simple vieille chaise à porteur et quelques meubles sans vraiment de grande valeur.

Mr Pierre-René FAVRE, entrepreneur de bâtiments et membre du conseil municipal de la commune de Poitiers se porte acquéreur de l’hôtel le 14 mai 1806 devant Me GEOFFROY notaire à Poitiers[10] contre la somme de 18 mille livres tournois en numéraire valeur métallique en cours et non autrement.

Il est décrit comme un édifice « ..dans état de dégradation total et qu’il a besoin de beaucoup de réparations urgentes … »

On est loin des pourparlers engagés en 1787 par Boula de NANTEUIL, intendant du Poitou, avec Marie-Madelaine-Anne de VILLEBOIS pour l’acquisition de l’hôtel afin d’y installer son administration. La somme demandée, quatre-vingt mille livres, est d’importance d’autant plus que les servitudes et les charges grèvent la demeure. Le projet est finalement abandonné.

L’Hôtel d’Auzances jadis un des plus beaux bâtiments de Poitiers tombe sous la pioche des démolisseurs pour faire place à la rue Boncenne. Cependant sa présence est rappelée jusqu’à ces dernières années par l’impasse d’Auzances reliant cette même rue Boncenne à la rue Grimaux.

Aujourd’hui elle s’appelle passage Boncenne.

Et voilà comment disparu ce bel hôtel qui accueillit de si grands personnages de passage à Poitiers.


[1] A. Gourget – Armorial du Poitou réédition Brissaud 1994 – d’azur à trois pals d’or, au chef d’argent chargé de 3 fougères masles de sinople
[2] . P. Boissonnade : L’organisation du Travail en Poitou- B. de La Liborlière Vieux souvenirs d’avant 1789
[3] A. Bourreau – L’usage des mesures en Poitou sous l’ancien régime 2015. Une bosselée égale 7 ares 60, mesure de Poitiers

[4] Archives historiques du Poitou Tome 54 – Toisé de 1691
[5] B. de La Liborlière Vieux souvenirs d’avant 1789
[6] Antoine de Razes, écuyer, aumônier du Roy, prêtre prieur de l’église royale, séculière et collégiale de Sainte-Radegonde. Frère de Jean de Razes

[7] On note souvent la présence d’un tas de fumier dans les inventaires. Le fumier possédait une grande valeur, étant le seul engrais de d’époque.
[8] AD86 – 4 E 23 91
[9] AD 86 – Série L
[10] AD 86 – 4 E 43 11

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#ChallengeAZ │ Y… Yteuil, une empreinte révèle une chapelle disparue

Iteuil, Vienne 86

Outre le meilleur moyen d’obtenir de belles salades et de beaux radis, bécher, l’exercice favori des jardiniers, s’avère parfois aussi un très bon moyen de remonter le temps et de tutoyer l’histoire locale.

Une mystérieuse chapelle

matrice de sceau, Iteuil, Vienne 86

Matrice de sceau trouvée à Iteuil ▲ clic sur l’image pour l’agrandir

Il y plus de 30 ans un habitant du bourg d’Iteuil a découvert par hasard dans la terre de son potager un objet intrigant pour lui. Après nettoyage, il constata que c’était une matrice de sceau faite en bronze. L’objet est en très bon état de conservation, il a une forme oblongue et présente au dos un petit anneau qui permet de l’utiliser comme pendentif, c’est une matrice de sceau dite en navette. Ses dimensions sont 3 cm en longueur et 1,9 cm en largeur. Sur le devant au centre on distingue un félin dressé sur ses pattes arrières, appelé « lion rampant », avec tout autour un bandeau contenant un texte gravé à l’envers. La gravure de l’animal, vue sa taille, est de très bonne qualité, on reconnait parfaitement un félin, un lion, à l’exception de la tête plus stylisée. Une croix pattée se devine dans le coin haut de l’objet. Un autre sceau étudié a pour dimensions 4 cm sur 2,5 cm, dans les mêmes proportions que le premier, la confection de ces matrices était donc régie par des règles géométriques strictes.

Matrice de sceau, Iteuil, Vienne 86

Matrice inversée

En prenant une photo et en retournant cette vue on peut obtenir une image positive avec le texte écrit à l’endroit. On y déchiffre l’inscription suivante S’H’CAPELL’DEV ISTOLIO :
S pour Sigillum (sceau),
H c’est la première lettre d’un prénom (Hilaire Henri Haubert Hubert…),
CAPELL pour Capellanus (chapelain) ou Capella (chapelle),
DEV pour Deu (Dieu),
enfin Istolio est une forme ancienne et latine de l’écriture d’Iteuil connue par un texte de 1149.

La forme des lettres permet de dater l’objet. Laurent HABLOT du CESCM(1) qui a déchiffré l’inscription propose une date entre 1250 et 1300. C’est donc la signature (sceau) d’un certain H. chapelain de la chapelle de Dieu à Iteuil qui a vécu à la fin du 13ème siècle. Hélas ni le texte ni la figure gravée ne permettent d’en savoir plus sur ce personnage. Comment s’appelait-il précisément ? D’où venait-il ? Le « lion rampant » n’apporte aucune indication.

Il resterait à identifier précisément l’édifice religieux.

A Iteuil le prieuré de Mougon est connu ; la chapelle des Bourdille apparaît dans des textes ; aux villages d’Aigne de la Troussaie et de Bernay il y avait des prieurés et/ou des chapelles. Mais rien ne permet de rattacher le sceau à l’un ou l’autre de ces hameaux. Sur le cadastre napoléonien on ne trouve à Iteuil aucun lieu, aucun champ, faisant référence à une chapelle disparue. Là encore on ne peut pas avoir de réponse, de localisation. La recherche reste ouverte.

Louis Redet dans son dictionnaire toponymique de la Vienne fournit plusieurs autres écritures d’Iteuil, Estolio en 954, Istaol en 1108-1115, Ytolium en 1283, Ytuel 1324, Ytuilg en 1335, Ytuil en 1372, Yteuyl en 1398, Yteuil-Iteuil en 1400, Itueilh en 1426, Iteuilh en 1454, Isteuil en 1479, Ysteuil en 1596.

Dans son Pouillé Beauchet-Filleau cite les chapelles et prieuré de St-Etienne fondé par le sieur Bourdeil, de Mougon-Meugon et de la Troussaie. Jacques MELIN dans son excellent et érudit livre « pages d’Iteuil » parle des différentes chapelles et autres prieurés de cette commune. Il cite en particulier la chapelle en ruine du manoir de Bernay (pages 48 à 51), dont il ne reste que quelques morceaux, chapelle que l’historien LONGUEMAR cite comme ayant le vocable « Précurseur de Notre Seigneur » c’est un bon candidat pour être la chapelle-Dieu du sceau. Il parle aussi de l’ancien château d’Iteuil, de la seigneurie du même nom créé entre 1000 et 1100 selon ses dires (pages 63-64), décrit comme un tas de pierres dans un procès-verbal de visite daté du 06 mai 1653. Y-avait-il une chapelle dans ce château ? Était-elle notre chapelle-Dieu ?

Château de Bernay, Pages d'Iteuil, Jacques Melin, Vienne 86

Le manoir de Bernay, extrait de « Pages d’Iteuil » par Jacques MELIN ▲ clic sur l’image pour l’agrandir

Manoir de Bernay, Pages d'Iteuil, Jacques Melin, Vienne 86

Chapelle en ruine du manoir de Bernay , extrait de « Pages d’Iteuil » par Jacques MELIN

Sur le cadastre Napoléon de 1825 (sources AD86), on voit apparaître un rond avec l’appellation « le Feuvé » correspondant à l’emplacement circulaire d’un château refuge du haut moyen-âge, à l’origine une simple enceinte en rondin de bois sur une motte entourée d’un fossé et s’appuyant sur le dénivelé du terrain d’un côté, qui fut ensuite fortifiée de murs en pierres. C’est le château d’Iteuil de la seigneurie du même nom. Sur une vue aérienne actuelle du bourg d’Iteuil, la construction de lotissements, l’installation d’une école, font que le cercle a en grande partie disparu, on ne distingue plus grand-chose si ce n’est l’arc de cercle correspondant au « passage Feuvet ».

Château d'Iteuil, cadastre, AD86, Vienne 86

Château d’Iteuil, cadastre Napoléon © Archives départementales de la Vienne ▲ clic sur l’image pour l’agrandir

Avec toutes les précautions d’usage, en attendant confirmation ou non, la Chapelle de Dieu doit être très probablement soit celle de Bernay, monument que les éléments architecturaux permettent de dater du 14e siècle ou avant selon Jacques MELIN, soit celle du château d’Iteuil. Le lieu de la découverte dans un jardin d’une maison chemin des Jonchères ne permet guère de privilégier l’une ou l’autre des possibilités.

Je remercie chaleureusement monsieur J.C.P. qui a eu la gentillesse de me montrer et de me faire découvrir cette très belle matrice de sceau

(1) Centre d’études supérieures de civilisation médiévale


Sources : « Pages d’Iteuil » de Jacques MELIN, broché 207 pages, publication 1996

Pages d'Iteuil, Jacques Melin, Vienne 86

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#ChallengeAZ │ X… Xansay, le poilu bleu voit rouge !

Nous commémorons cette année 2018, le centenaire de la fin de la 1ère guerre mondiale.Comme de nombreuses communes françaises, Sanxay situé à 30 km au sud-ouest de Poitiers, dans la Vienne, a payé un lourd tribut lors de ce conflit extrêmement meurtrier : 49 victimes Sanxéenes, sont à déplorer, soit environ 20% des soldats mobilisés sur une population totale de 1345 habitants, selon le recensement de 1911.

Pour rappeler le contexte général, le 1er août 1914, le gouvernement français décide de mobiliser les hommes en âge de combattre, comme le réclamait le chef d’Etat-major, après l’accélération des tensions en Europe. C’est ainsi que d’août 1914 à novembre 1918, la France mobilise 8.700.000 soldats, comprenant 32 classes d’âge, celles des hommes de 48 à 50 ans (classe 1886) à 20 ans (classe 1918). Malgré cette mobilisation de masse et très rapidement, les morts se comptent par milliers. C’est l’hécatombe face aux forces ennemies, et le moral des troupes dès le début du conflit, est au plus bas.

Si l’état -major a pour compétence et objectif d’imaginer les stratégies militaires, afin d’affronter l’ennemi et l’anéantir, il en est une qui surprend :  modifier l’uniforme du soldat pour le rendre moins voyant et ainsi, faire croire qu’il passera presque « inaperçu » sur les lignes de front et les champs de bataille.

Au début du conflit, en août 1914, les soldats portaient un uniforme bleu foncé en haut et « rouge garance » pour le pantalon. Bien trop visible par l’ennemi, cet uniforme n’était donc plus adapté. La décision fut alors prise, d’équiper les soldats d’uniformes en toile bleue. Ainsi, sur la ligne d’horizon, nos chers soldats devaient se fondre dans le paysage, au point de devenir « invisibles ». C’est la naissance de la couleur « bleue horizon ».

Ces précisions nous renseignent largement sur tous ces aspects, non seulement matériels, mais psychologiques et politiques qui ont conduit l’Etat-major à adopter le nouvel uniforme en août 1915 et celui-ci fut généralisé en septembre 1916.

Y a-t-il eu pour autant moins de blessés et de tués sur les champs de bataille ? Il est difficile de répondre à cette question, néanmoins, Il faut rappeler que la 1ère guerre mondiale a généré 1,4 millions de victimes militaires chez les français, soit 1/5ème des troupes mobilisées, pendant ces 4 années de combats.

Les hostilités terminées, Sanxay, comme de nombreuses communes françaises, a souhaité rendre hommage au courage de ses citoyens combattants, mais aussi à l’immense peine des familles endeuillées par la perte d’un ou plusieurs de ses enfants. C’est ainsi que le 1er octobre 1922, est inauguré le monument commandé par le conseil municipal et réalisé par le sculpteur Eugène BENET, afin de commémorer les 49 victimes tombées pour la France entre 1914 et 1918.

Le monument en fonte marron/gris, représente un poilu en position dynamique, brandissant une couronne de laurier et palme symbolisant la victoire et portant son fusil dans l’autre main. Ce soldat victorieux trône sur son piédestal tout près de l’église, sur lequel sont inscrits les noms des 49 victimes, celles qui n’auront malheureusement pas échappé à l’ennemi, malgré leur discret uniforme bleu horizon.

Puis, tout récemment, en 2011, notre poilu sanxéen de couleur « fonte », s’est paré d’un bel uniforme bleu horizon, tel qu’il était dans la réalité. Et pourquoi pas ?

Choqués par cette agression visuelle, certains habitants de Sanxay voient rouge ! Mais au-delà de cette réaction, que je qualifierais d’excessive, est-il besoin de rappeler que le monument aux morts est avant tout un lieu de recueillement et de commémoration ? On s’y recueille en écoutant le discours du Maire ou du Président de l’association des anciens combattants, qui relate les faits en lien avec les événements passés, mais aussi, en scrutant l’œuvre de l’artiste qui nous aide à imaginer les moments tragiques vécus par les victimes.

Le poilu bleu victorieux d’Eugène BENET du monument de Sanxay n’a rien d’original. C’est même la statue la plus courante, érigée à plus de 900 exemplaires en France. Suscite-t-il autant d’émoi dans les 900 autres communes ?

Et si le problème n’était pas en lien avec la couleur, mais tout simplement en lien avec l’emplacement du monument ? Il s’avère que les municipalités dites de gauche érigeaient leur monument plutôt sur la place publique, alors que celles de droite choisissaient de préférence le cimetière, le monument portant ainsi des emblèmes religieux. Mais des exceptions existent. 

Couleur, emplacement ou les deux ?

Cette métamorphose picturale qui date de 2011, semble aujourd’hui acceptée, le poilu est toujours là victorieux sur son piédestal, dans son bel uniforme bleu horizon.

Ils s’appelaient…

Camille AIRAULT, Narcisse AIRAULT, Jean ALFRED, Victor ALLARD, Camille BAUCHAMP, Clément BEAUCHAMP, André BENOIST, Ferdinand BERGEON, Jean BERTRAND, Albert BICHON, Paul BICHON, Alexandre BLANCHARD, Auguste CAILLET, Marcel CHABOT, Pierre CHAIGNEAU, Pierre CHANCONIE, André CHARON, Maurice CHARRON, Jules CHAUVINEAU, Marcel CHAVIN, Edouard COLLINEAU, Hilaire COUSSON, Louis DAVID, André DELAVAULT, Firmin DELAVAULT, Jean Baptiste DESPIERRE, Jacques FALGOUX, Pierre FURET, Roger GAILLARD, Alexis GAULT, René GUILLEMOT, Victor GUERIN, Auguste JULIEN, Henri LABONNE, Marcel LEDRU, Marcel MERIJEAU, Alexandre MEUNIER, Gaston METAYER, Fernand NERAULT, Victor NERAULT, Ernest PAPINEAU, Aimé PIN, Victor PORTRON, Auguste QUINTARD, Fernand RAOUL, Gabriel ROULEAU, Aimé TRABLEAU, Clément VADIER, Alexandre VASLET.

… ILS SONT MORTS POUR LA FRANCE.


Le PLUS du CGP :  Biographie succincte des poilus de Sanxay 

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