#ChallengeAZ │ V… Vouillé, un tableau en l’honneur des poilus

Cimetière de Vouillé, Vienne, 14-18

Tableau d’honneur, cimetière de Vouillé (86) © Alain Emeriault

Il y a dans le cimetière de Vouillé un monument de mémoire un peu particulier, une stèle qui regroupe les photographies de seize soldats morts pour la France lors de la première guerre mondiale.

Pourquoi n’y a-t-il que 16 noms sur ce monument ?

Le livre d’or et le monument aux morts de Vouillé comptent 60 noms, parmi lesquels figurent les 16 soldats de la plaque commémorative. Alors comment ces 16 photos, ces 16 soldats, ces 16 noms ont-ils été réunis sur cette plaque ? Ont ils un point commun ?

Pour en savoir plus, je me suis lancée pour chacun d’eux dans une enquête généalogique, remontant quand c’était possible l’arbre généalogique de chacun d’eux jusqu’à la Révolution, reprenant leurs parcours militaires.

Voici les résultats de mes recherches :

Ils ont presque tous entre eux des relations familiales, même s’il faut parfois remonter à un arrière grand père commun, mais dans une commune rurale de 1400 habitants, le fait n’est pas vraiment étonnant. Il y a sur cette plaque 2 frères : Fernand PAGOT et Gaston PAGOT, mais le frère d’Octave MARMAIN, Jean Emile, lui aussi tombé au combat, n’y figure pas. Le lien familial n’est donc apparemment pas le critère de selection pour cette plaque.

En suivant ce lien, retrouvez les relations de parenté que ces 16 hommes ont entre eux.

Répartition selon le mois de décès

Ils sont tombés tout au long du conflit :

  • Joseph DELAITRE est même le premier soldat du canton de Vouillé à être mort, de ses blessures, le 11 août 1914, à Marville, en Meurthe et Moselle.
  • Désiré Albert CHAUVET, le dernier décès avant l’armistice, est mort de maladie à l’hopital d’Angers, arrivé peu de temps auparavant au dépôt, tout juste âgé de 18 ans.

Etude plaque mémorielle du cimetière de Vouillé, Vienne 86, 14-18, généalogie

Répartition selon la classe

Ils représentent différentes classes d’âge, le plus jeune étant Désiré CHAUVET, né en 1900, qui s’engage à 18 ans, devançant l’appel, le plus âgé étant Edmond VILLAIN, né en 1880, mort le 16 mai 1918, après presque 4 années de guerre.

Répartition selon le régiment

S’ils sont 4 à appartenir au 68e régiment d’infanterie, les autres appartiennent tous à des régiments différents.

Quant à leur lieu de décès, impossible également de trouver un élément qui expliquerait qu’on les ait réunis sur cette unique plaque commémorative. A eux 16, ils représentent néanmoins les différentes phases et lieux de mortalité du conflit.

Alors, est ce juste le hasard, ou bien quelques familles ont elles choisi de financer ensemble cette plaque du souvenir ?

Analyse par les recensements

Ne trouvant pas de fil conducteur pour vous raconter en quelques traits chacun des 16 hommes de cette plaque, j’ai choisi de passer par le lieu où ils habitaient tous, eux ou leur famille, lors du recensement du printemps 1911 : Vouillé et d’en faire une cartographie.

13 des soldats nommés sur le tableau d’honneur du cimetière sont directement listés dans le recensement. L’un d’eux, Gaston MARCIREAU, est absent, effectuant son service militaire. Enfin les deux derniers, Daniel LIEGE et Germain MELIN, ne figurent pas sur le recensement de Vouillé, mais leurs parents y habitent.

▲ clic sur l’image pour accéder à la carte interactive

Sur cette carte, les marqueurs noirs représentent les lieux de décès de nos poilus, quand au marqueur bleu situé dans le Poitou, en cliquant dessus vous arriverez sur la localisation approximative du domicile de chacun d’eux en 1911 à Vouillé. Chaque point vous permet d’accéder à une fiche succincte concernant le poilu, reprenant sa photo, son état civil rapide et quelques données militaires.

Le travail que j’ai effectué sur ces 16 hommes m’a permis de découvrir de nouveaux cousins, notamment Charles Hubert COUILLAUD, cousin issu de germain de mon arrière grand-père François REAU.

ou les frères Omer et Gaston PAGOT, plusieurs fois cousins – lointains certes, mais cousins quand même – avec ma grand mère Marie Rose GUIGNARD.

Sur mon blog consacré aux poilus du canton de Vouillé, vous retrouverez une fiche plus détaillée de chacun de ces 16 hommes. Vous pourrez aussi les retrouver sur le blog Mémoire des Poilus de la Vienne, qui recense tous les hommes nés dans le département de la Vienne et morts pendant le conflit 1914-1918.

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#ChallengeAZ │ U… Usson, casse-tête pour le facteur

Usson-du-Poitou, Vienne 86, place de l'église

En France, sur la carte de Cassini, quatre villages portent le nom d’Usson :

  • un en Auvergne,
  • un autre dans le Forez,
  • un troisième dans le Poitou,
  • un quatrième en Charente.

Celui qui nous intéresse aujourd’hui est celui qui est dans la province du Poitou, au sud de Poitiers, maintenant dans le département de la Vienne, canton de Gençay. Au XIXe siècle, Usson devient Usson-du-Poitou.

Carte de Cassini issue de l’exemplaire dit « de Marie Antoinette » du 18éme siècle, Géoportail.fr ▲ clic sur l’image pour l’agrandir

Nous allons examiner comment et pourquoi Usson a changé de nom.

Si nous nous reportons au dictionnaire topographique du département de la Vienne, le village d’Usson se prénommait Victaria Icioninsis en 913. Le nom d’Usson est apparu début XVe siécle, avec Husson en 1408, Usson en 1479.

L’église du village est placée sous le vocable de Saint-Pierre. Les baptêmes, mariages, décès sont notés par les prêtres de la paroisse dans les registres paroissiaux de 1611 à 1792 où le nom d’Usson est indiqué. Les registres de 1611 à 1632 sont très dégradés, le nom d’Usson est par contre clairement indiqué de 1632 à 1792. 

Papier baptismal – Première page du registre de 1632 © Archives départementales de la Vienne

A partir de 1793, les  actes de naissances, mariages, décès sont notés dans les registres d’état civil qui sont tenus par les mairies. La commune est toujours nommée Usson.

Un bureau de poste est ouvert à Usson en 1830.  C’est un bureau de distribution. (source : « Marques postales de la Vienne » de Christian Bernard, édition 2016)

La cursive 80/Usson est utilisée par ce bureau (80 indique le département de la Vienne).

 

C’est en 1846, qu’apparaît sur les lettres, le nom de Usson-du-Poitou.

 

En 1857, le cachet confirme « Usson-du-Poitou »

 

 

En 1895, les registres d’état-civil indiquent par contre toujours le nom de la commune d’Usson.

Première page du registre des naissances d’Usson en 1895 © Archives départementales de la Vienne ▲ clic sur l’image pour l’agrandir

Ce n’est que le 21 février 1895 qu’un décret est publié modifiant le nom d’Usson en Usson-du-Poitou.

Bulletin des lois de la République française n°1691 page 751

Dès l’ouverture du registre de 1896, le nom d’Usson-du-Poitou est indiqué sur la première page.

Première page du registre des naissances d’Usson en 1896 © Archives départementales de la Vienne

Depuis l’apparition du décret en 1895 la modification du nom d’Usson en Usson-du-Poitou est appliquée.

Il est à noter que les registres du recensement de la population de la commune, de 1851 à 1911, continuent d’indiquer Usson excepté pour l’année 1906.

En conclusion :

Le changement de nom a été initialisé officiellement par la poste en 1846. Comme il y avait plusieurs « Usson » dans la France, il était difficile de savoir où la lettre devait être acheminée aussi l’administration des postes a modifié le nom d’Usson en ajoutant la province française qui correspondait au village. Ensuite il a été demandé à l’administration française d’entériner cette modification dans les documents officiels ce qui fut fait en 1895 soit près de 50 ans plus tard..

Pour les Ussonnais et les Ussonnaises, il est toujours dit : « Usson ».

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#ChallengeAZ │ T… De Thuré en Mauritanie, hommage à un combattant vétérinaire

Léon Olivier AMIET, vétérinaire, né à Thuré, combattant en Mauritanie

Léon Olivier AMIET © photo Cl. BOURREAU

En allant au cimetière de Thuré, sur les tombes de nos ancêtres, je suis intriguée par un monument funéraire qui se trouve à l’entrée près de la grande porte à double battant. Ce monument indique le nom du lieutenant O. AMIET, son lieu et sa date de décès et donc j’ai décidé de faire des recherches sur cette personne.

Sa naissance

Léon Olivier AMIET est né le 11 avril 1882 à Thuré. Il est le fils de Jules, âgé de 26 ans et de Marie JOLLY, âgée de 28 ans, tous deux mariés à Thuré le 6 mai 1878. Ses grands-parents du côté paternel sont François AMIET et Jeanne BRUNEAU et du côté maternel Jean JOLLY et Marie BARBOTTIN. Il a eu quatre frères : Firmin Jules François, Norbert (décédé quelques jours après sa naissance), Emile Romain et Jules.

Acte de naissance de Léon Olivier AMIET à Thuré, Vienne, vétérinaire, généalogie

Acte de naissance de Léon Olivier AMIET – Registres de Thuré NPMD 1878-1882 vue 142 © Archives départementales de la Vienne ▲ clic sur l’image pour l’agrandir

Son parcours d’étudiant

Léon Olivier fréquente l’école primaire de Thuré puis fait ses études à Châtellerault. En 1901, il entre à l’école vétérinaire d’Alfort et en sort diplômé en juillet 1905 (il est 48e sur 63 et le seul de la Vienne cette année-là).

Son parcours militaire

Après une année passée comme aide vétérinaire stagiaire à l’école d’application de cavalerie de Saumur, il est affecté au 25e dragon le 29 juillet 1906 avec le grade d’aide vétérinaire. En octobre 1906, il passe au 5e chasseur à Neufchâteau.

Il est un des premiers adhérents de l’association amicale des vétérinaires militaires. Il devient vétérinaire militaire par décision du 26 février 1908 au 5e régiment de chasseur. Placé hors cadre, il doit attendre les instructions du ministre des colonies et est mis à la disposition du gouverneur de l’Afrique Occidentale qui lui confie par la suite « la mission de contribuer à l’organisation des compagnies de méharistes qui devaient opérer sur les confins de l’Adrar (Mauritanie) et d’étudier les diverses maladies qui sévissaient sur les chameaux de cette région ». (La semaine vétérinaire du 27 mai 1911)

Le 10 juin 1908, son chef part à la recherche d’un puits. Pendant ce temps, AMIET resté à Talmest conserve le détachement avec 60 hommes, 1 mitrailleuse, 80 chameaux et les objets de campement.

Le 14 juin 1908, il se heurte à une forte bande de guerriers fanatiques armés de fusils à tir rapide qui vient d’exterminer la colonne du capitaine MANGIN. Il organise la défense, sa mitraillette refuse de fonctionner, les chameaux sèment le désordre dans le camp. Il résiste jusqu’à une heure du matin et une charge de baïonnette déroute complètement l’ennemi. Le détachement perd 12 personnes et on dénombre 11 blessés pendant cette attaque. Le 20 juin, Léon Olivier adresse un rapport relatant les péripéties du combat. Pendant les combats, deux balles ont traversé son casque.

Après ce brillant fait d’armes, apprécié par ses camarades comme un des plus beaux sous le drapeau français en Afrique Occidentale, il est proposé à vingt six ans à la légion d’honneur. Le 1er septembre 1908, il est nommé vétérinaire en second.

Son décès

Le 15 décembre 1908, il meurt à Moudjera (ville au centre de la Mauritanie située dans la région du Tagant) des fièvres paludéennes non loin du champ de bataille de Talmest, sans avoir eu le temps d’être décoré.

M. Ansbert LAQUERRIERE (1837-1915), ancien vétérinaire militaire, rend un hommage ému à Olivier AMIET,  « jeune vétérinaire en 2e, pour sa belle conduite en Mauritanie au combat de Talmest qu’il a dirigé quand les chefs ont été tués. Il ramena les débris de la colonne. Il a succombé aux suites d’anémie et de paludisme quelques temps après ce glorieux fait d’armes. C’est un nom de plus à inscrire dans le livre d’or des vétérinaires militaires que j’ai créé à Saumur. » (Le bulletin de la Société des sciences vétérinaires de Lyon du 27 mars 1909)

En août 1909, M. le vétérinaire principal Eugène AUREGGIO (1844-1924) adresse aux députés de la Vienne une supplique en vue d’obtenir la restitution à la famille de la dépouille mortelle. Le gouvernement de l’Afrique Occidentale écrit à la famille dans les termes suivants : « J’ai l’honneur de vous faire connaître qu’en raison de la belle conduite de votre regretté fils au combat de Talmest et des fatigues qu’il s’est imposé en Mauritanie, j’ai décidé que l’administration de l’Afrique occidentale prendra à sa charge les frais d’exhumation et de transfert des restes mortels à Thuré (Vienne) ». (La revue vétérinaire 1910)

Le 15 décembre 1909, l’acte de décès est retranscrit dans les registres de l’état-civil de Thuré.

Transcription partielle de l’acte de décès de Léon AMIET faite sur les registres de Thuré le 25 octobre 1909 (NPMD 1908-1909 vue 72) © Archives départementales de la Vienne ▲ clic sur l’image pour l’agrandir

En décembre 1910, une circulaire autorise les militaires à participer à la souscription ouverte en vue de l’érection d’un monument au vétérinaire AMIET.

Le 25 avril 1911, les cendres arrivent à Châtellerault et le 26 avril il est inhumé dans le cimetière de Thuré. Sur le char funèbre décoré de faisceaux de drapeaux étaient fixées de splendides couronnes en fleurs naturelles et artificielles. Les cordons du poële (drap funéraire) étaient tenus par M. ESCLAUZE, vétérinaire en 1er du 25e dragons, par M. MOREAU de Sossais, par un lieutenant des services administratifs du génie et par un condisciple du défunt.

Au cimetière, cinq discours furent prononcés par :

  • Le Maire de Thuré,
  • M. ESCLAUZE, vétérinaire de l’armée et représentant de l’association amicale des vétérinaires militaires,
  • M. BOLTZ, vétérinaire au nom de la Société des vétérinaires de la Vienne,
  • M. le Président de l’association des anciens élèves du collège de Châtellerault,
  • M. le Principal du collège de Châtellerault.

Les journaux nationaux comme « Gil Blas », « L’Univers », « La Croix » informent leurs lecteurs du décès d’Olivier AMIET.

Nécrologie dans le périodique « L’Univers » du 04 janvier 1909

Thuré rend hommage à Olivier AMIET

Monument hommage à Léon Olivier AMIET, cimetière de Thuré © photo Cl. BOURREAU ▲ clic sur l’image pour l’agrandir

Un monument est inauguré le 7 juillet 1912 à Thuré.

Le ministre de la Guerre est représenté par le lieutenant colonel JANIN du 32e régiment d’infanterie. Celui-ci est accompagné d’une délégation d’officiers de la garnison de Châtellerault. Des discours sont prononcés par M. CHAMPIGNY, maire de Thuré, le lieutenant-colonel JANIN, le vétérinaire départemental BOTZ, le président de l’Amicale des anciens élèves du collège de Châtellerault. La fanfare de Thuré joue « La Marseillaise » et de nombreuses couronnes sont déposées au pied du monument.  M. le commandant CHAMPIOT, président du souvenir français dépose au nom du siège social de Paris, une couronne au pied du monument. Une palme est déposée au nom de ses camarades sur sa tombe par M. DUVAU.

Je rends hommage à ce combattant vétérinaire en Mauritanie.

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#ChallengeAZ │ S… Saint-Jean-de-Sauves, un Clémentois en Martinique

 

Séraphin CONTREAU et son épouse Marie au mariage de leur petite fille © photo coll. privée ▲ clic sur l’image pour l’agrandir

 

Séraphin CONTREAU, dit « le père la Martinique »

Je suis né le 28 janvier 1837, « sur les une heure du matin » dans la maison de la grand’cour à Saint-Jean-de-Sauves, je suis le 3e enfant de Pierre et de Marie PELLEVRAU. C’est l’adjoint VALLET, officier de l’état civil ce jour qui enregistra ma déclaration de naissance devant deux témoins, René AUCHER, maréchal, 39 ans et Bernard ROCHE, 27 ans marchant, et ils demeurent tous les deux à Sauves, seul mon père sait signer, et VALLET l’adjoint signe son 5e acte de l’année 1837.

Signature de mon père – Registre des naissances 1833-1842 vue 45 © Archives départementales de la Vienne

J’apprends à lire et à écrire à l’école communale, je vais avec mes parents à l’église. À 20 ans, au conseil de révision à Moncontour, je suis « bon pour le service », je tire au sort le numéro 2, je suis de la première portion du contingent, je vais partir pour 5 ans.

Je suis  incorporé le 10 novembre 1858 au 1er régiment de marine, place de Cherbourg où je suis l’instruction militaire et m’exerce à l’escrime. J’embarque à Cherbourg le 26 août 1859 sur le bateau à vapeur « le Souffleur » puis transbordé à Lorient le 29 sur la régate « Le Cers », pour débarquer à Fort de France en Martinique à plus de six milles kilomètres de la métropole. Le bateau transporte des militaires et des bagnards.

Le 13 février 1863 j’embarque sur le bateau « l’Entrepreneur » pour arriver à Cherbourg le 22 mars. Le 1er janvier 1878, je reçois mon congé définitif, signé du commandant du bureau de recrutement de Châtellerault.

Je me marie le 9 janvier 1866 à Saint-Jean-de-Sauves avec Marie MERCIER, fille de Pierre et de Jeanne GIVELET.

Avec ma femme, je cultive mes terres et élève quelques chèvres, puis j’exerce le métier de garde champêtre et je suis également sacristain comme mon père. Nous avons deux enfants, Séraphin né le 17/12/1866 et Alcide le 20/11/1870.

Je suis bien connu pour mon caractère, un jour j’ai même verbalisé ma femme car ses (mes) chèvres étaient dans le dommage !

Saint-Jean-de-Sauves, rue de l'église

Le 8 mai 1902, la montagne Pelé, à la Martinique, entre en éruption, en quelques minutes la ville de Saint Pierre a été entièrement détruite tout ce qui était alors la plus grande ville de l’île. Quand je lis l’événement dans le journal je suis effondré, la ville de Saint Pierre, la perle des Caraïbes, que j’ai bien connue, est recouverte de la lave du volcan.

Journal de la Vienne, mais 1902, AD86

Extrait du Journal de la Vienne du lundi 12 mai 1902 © Archives départementales de la Vienne ▲ clic sur l’image pour l’agrandir

Mon arrière-arrière-petite-fille a entendu parler de moi sous le surnom « le Père La Martinique » et cherche à savoir ce que j’ai fait là-bas.

Est-il possible de trouver dans les archives militaires de la Martinique ou en métropole le parcours de cet ancêtre ?

Mariage d’Hubert BOUTHET et Chérie CONTREAU, petite fille de Séraphin © photo collection privée ▲ clic sur l’image pour l’agrandir


Le PLUS à consulter :

  • Archives départementales de la Vienne : sous-série 9 R – tirage au sort, recensement, registres matricules de l’an IX à 1940.
  • L’organisation de la conscription en France détaillée sur le site « le parcours du combattant de la guerre 14-18 », pour « retracer le parcours d’une recrue » vous trouverez des données sur « les lois du recrutement » et le déroulé d’un « conseil de révision ».

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#ChallengeAZ │ R… Rouillé, sauvetage d’un cimetière protestant

Cimetière de Boisgrollier à Rouillé © Sandrine POURRAGEAU

Des cimetières, il y en a partout à Boisgrollier depuis le 18ème siècle, conséquence de l’interdiction d’inhumation dans les cimetières catholiques, du Roi Louis XIV, dans sa lutte contre les protestants pour faire disparaître cette religion. Pour ce faire, il révoqua l’Edit de Nantes en signant l’Edit de Fontainebleau, le 22 octobre 1685. Le protestantisme devenait dès lors, interdit sur le territoire français.

Pendant cette période difficile, les protestants « opiniâtres » étaient enterrés clandestinement dans un coin de jardin, de pré ou de vigne et rien ne signalait leur tombe. Mais à partir de 1736, l’inhumation fut autorisée, à condition « qu’elle se fasse de nuit et sans scandale !  » Ainsi, les protestants n’ont plus eu à dissimuler les lieux de sépultures de leurs défunts et les cimetières de famille se multiplièrent.

A Boisgrollier, village situé sur la commune de Rouillé, à la limite de la Vienne et des Deux-Sèvres, les cimetières familiaux protestants font partie du paysage. Dans ce village d’environ 10 maisons, il n’y a pas moins de 8 cimetières, dont un très grand de plus de 56 tombes (celui-ci ayant fait l’objet d’un « relooking » grâce à la joyeuse et courageuse équipe du Cercle Généalogique Poitevin ). On peut dire, que dans ce coin reculé du Poitou, la mort fait partie de la vie. Certains pourraient en être effrayés surtout à notre époque où on a plutôt tendance à l’ignorer voire même la mépriser.

La « grande faucheuse » selon l’expression populaire, est omniprésente à Boisgrollier, mais faut-il s’en offusquer ? Le rapport à la mort m’est plutôt familier. Est-ce le fait d’avoir depuis toujours, dans ma famille maternelle et paternelle, côtoyé cet environnement très caractéristique qu’est celui des cimetières familiaux protestants ?

Fête des morts au Mexique © Pholo Claude ALLARD

Lors de mon voyage au Mexique, j’ai découvert des pratiques très inhabituelles. Les Mexicains ont un rapport à la mort qui interpelle. C’est pour eux un fait culturel qui remonte aux civilisations précolombiennes. Les rituels de sacrifices humains nous paraissent monstrueux : c’était leur façon d’adorer les dieux. Chaque année, à la Toussaint, le 2 novembre, c’est jour de fête pendant lequel règne la joie. On partage ce moment avec le mort au cimetière, en mangeant et buvant sur la tombe ouverte (si la personne est décédée depuis plus d’un an) et le tout en musique !

La fête des morts dans nos contrées est bien moins festive, mais en pays protestant, on la côtoie au quotidien, puisqu’elle se situe dans notre champ de vision. On vit avec la mort. Consciente que peu de personnes connaissent cette particularité du paysage protestant poitevin, j’ai eu l’occasion d’emmener un groupe d’amis visiter mon petit village de Boisgrollier. A la découverte des cimetières plus ou moins bien entretenus, et notamment un cimetière de 50 tombes, leur réaction a été unanime : « Il faut faire quelque chose ! on ne peut pas le laisser à l’abandon, par respect pour les personnes enterrées dans ce lieu ». Lieu très sinistre, lorsque l’on voit son état. 

Afin de clore ce propos qui peut paraître dérangeant pour certains et pour rassurer ceux que la mort rebute, voici une citation humoristique  de Samuel Langhorne Clemens, dit Mark Twain, (Tom Sawyer) écrivain essayiste et humoriste américain : « Parmi les dépenses inutiles : les murs des cimetières….ceux qui sont dedans ne peuvent pas en sortir et ceux qui sont à l’extérieur, ne veulent pas y entrer »

Sauvegarde du patrimoine

Dans le numéro 140 de la revue Herage, j’ai raconté comment cinq membres du Cercle Généalogique Poitevin ont remis en lumière le cimetière des 50 tombes de protestants inhumés à Boisgrollier.

Récapitulatif des tombes de Boisgrollier
(clic sur les images pour agrandir)

 

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